| tavy | ~ champs cultivé par l'abattage et le feu ~ (régions forestières de l'Est). Mode de culture du riz de montagne. Elle consiste à choisir une parcelle de forêt ombrophile, à abattre les principaux arbres à l'époque relativement peu pluvieuse, novembre-décembre, puis à mettre le feu. Sur l'épaisse couche de cendres ainsi obtenue, il suffit alors de semer les variétés convenables de riz. Les riz de montagne ont des exigences écologiques très différentes des riz de rizière. Les façons culturales sont inutiles. On n'a pas besoin de labourer. Ni de sarcler puisqu'il n'y a pas de graines d'espèces adventices. Cette pratique qui remonte à des millénaires en Asie du Sud-Est a été amenée par les premiers immigrants qui ont tenté de gagner les régions montagneuses, à une époque certainement très ancienne ; bien que postérieure à l'arrivée des premiers nomades marins dont les seules cultures étaient des plantes multipliables par bouturage : taro, igname, formes archaïques du bananier (Musa acuminata). Tant que la population est peu nombreuse, organisée en clans dont les chefs de terre expérimentés savent respecter le patrimoine forestier, le tavy ne cause pas de gros dommages. Les parcelles défrichées sont rapidement réenvahies par la forêt ombrophile. Mais lorsque la structure du clan se désagrège et surtout lorsque les cultures vivrières, le tavy devient rapidement une pratique très destructive. La forêt n'a plus le temps de se renouveler ; l'humus est détruit ; l'érosion entraîne la partie fertile du sol et très rapidement les terres deviennent stériles. Des dizaines de milliers d'hectares de terres sur les pentes orientales ont déjà été rendues impropres à la culture par cette pratique. |